7 décembre 2025

LA FRANCE FIXE UNE NOUVELLE DOCTRINE D’INTERVENTION EN MER CONTRE LES TRAVERSÉES CLANDESTINES VERS L’ANGLETERRE

La France annonce une nouvelle stratégie maritime pour intercepter les « taxi-boats » avant l’embarquement des migrants, une évolution majeure coordonnée avec Londres pour contrer les traversées clandestines de la Manche.

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Un tournant dans la stratégie française en Manche

Après des mois de discussions avec Londres, la France a annoncé le lancement « prochain » d’opérations destinées à intercepter en mer les petits bateaux clandestins avant qu’ils ne récupèrent des migrants sur les côtes du Nord. Cette évolution marque un changement de doctrine majeur pour les autorités françaises.

Ce dispositif vise essentiellement les « taxi-boats », des embarcations utilisées par les passeurs pour approcher discrètement les plages puis récupérer des migrants directement dans l’eau, avant de mettre le cap sur l’Angleterre.

« La Gendarmerie maritime sera bientôt en mesure d’effectuer des opérations de contrôle et d’intervention en mer sur des embarcations soupçonnées d’être des taxi-boats. » — Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord

Le quotidien Le Monde évoque un document co-signé par le préfet maritime et les préfets du Nord, de la Somme et du Pas-de-Calais validant ce changement tactique.

Une pression croissante venue du Royaume-Uni

Côté britannique, un porte-parole du gouvernement a rappelé que Londres travaille déjà avec Paris pour adapter les tactiques françaises en mer, notamment dans les eaux peu profondes. Le ministère de l’Intérieur français, lui, n’a pas réagi dans l’immédiat.

Les autorités françaises reconnaissent leur difficulté à contrer ces nouveaux modes opératoires. Les taxi-boats, souvent rapides et discrets, échappent aux dispositifs installés sur les principales zones d’embarquement.

Un cadre d’intervention renforcé

Jusqu’ici, une fois un bateau en mer, seules les équipes de secours intervenaient, conformément aux conventions internationales qui privilégient la sauvegarde de la vie humaine. Désormais, des opérations de contrôle et d’intervention pourront être menées plus tôt, dans un cadre légal confirmé par les parquets locaux.

« L’emploi de filets visant à stopper le taxi-boat n’est pas envisagé à ce stade. » — Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord

L’idée d’utiliser des filets avait suscité de vives critiques d’ONG, notamment Amnesty International, en raison des risques potentiels pour les passagers.

Un phénomène toujours plus massif

Les taxi-boats embarquent leurs passagers en plusieurs haltes, puis repartent fortement surchargés, parfois avec plus de 70 personnes dans des conditions dangereuses.

Cette année, au moins 27 migrants ont perdu la vie lors de tentatives de traversée de la Manche.

Depuis le 1er janvier, plus de 39 000 personnes sont arrivées sur les côtes anglaises par petites embarcations — un chiffre supérieur à celui de 2024 mais inférieur au record de 2022 (45 000 traversées).

Les cinq nationalités les plus représentées entre septembre 2024 et septembre 2025 sont les Érythréens, Afghans, Iraniens, Soudanais et Somaliens.

Londres durcit sa politique d’asile

Sous pression de l’extrême droite, le gouvernement travailliste britannique a annoncé une réforme destinée à rendre plus stricte sa politique migratoire. L’objectif : endiguer les arrivées irrégulières via les « small boats », un phénomène que Londres peine à contrôler.