Ports ivoiriens : les dockers lancent un ultimatum et menacent de paralyser les activités
2 mars 2026
Un ultimatum adressé aux autorités et aux employeurs
Les syndicats de dockers opérant dans les ports ivoiriens ont lancé un avertissement aux autorités et aux employeurs du secteur de la manutention portuaire.
Réunis le 23 février 2026 au Port autonome d’Abidjan, les représentants des travailleurs ont donné jusqu’au 1er mai 2026, veille de la fête du Travail, pour que leurs revendications soient satisfaites.
Passé ce délai, les dockers n’excluent pas de recourir à des actions légales pouvant conduire à une paralysie des activités portuaires.
La déclaration a été faite par leur porte-parole, Pierre Guigréhi Aklégbou, lors d’une conférence de presse organisée dans la salle des dockers du quai 17.
Le décret de 2019 au cœur du conflit social
Au centre de la crise figure la non-application du décret n°2019-102 du 30 janvier 2019, portant statut particulier des dockers en Côte d’Ivoire.
Selon les syndicats, ce texte, signé par le président Alassane Ouattara, devait améliorer significativement les conditions de vie et de travail des dockers.
Sept ans après son adoption et sa publication au Journal officiel en mai 2019, les travailleurs affirment que ses dispositions restent largement inappliquées.
« C’est avec les cœurs meurtris et les espoirs évanouis que nous informons l’opinion nationale et internationale que ce décret n’est toujours pas appliqué », a déclaré Pierre Guigréhi Aklégbou.
Des revendications liées aux droits sociaux et à la sécurité du travail
Les dockers réclament notamment :
la mise en œuvre effective du statut particulier des dockers
l’accès à des contrats à durée indéterminée (CDI)
la création d’un fonds de solidarité pour les travailleurs
la mise en place d’une commission de contrôle et de suivi de l’activité
l’obligation pour les employeurs de souscrire une assurance santé pour les dockers
Les syndicats dénoncent également la non-application de la convention collective de travail signée le 9 mai 2022, qui selon eux n’est plus respectée depuis octobre de la même année.
Une tension sociale déjà observée en 2021
La mobilisation actuelle rappelle la grève de décembre 2021, lorsque les dockers des ports d’Abidjan et de San Pedro avaient déjà interrompu le travail pour les mêmes revendications.
À l’époque, le mouvement avait été suspendu après des discussions entre les syndicats, l’État et les directions portuaires.
Cinq ans plus tard, les travailleurs estiment que les engagements pris n’ont pas été respectés.
Un enjeu stratégique pour l’économie ivoirienne
Les ports d’Port autonome d’Abidjan et de Port de San Pedro constituent des infrastructures stratégiques pour l’économie ivoirienne et pour le commerce régional.
Toute perturbation de leurs activités pourrait affecter :
les exportations de cacao et de matières premières
les importations de biens de consommation
les flux logistiques vers les pays enclavés de la sous-région
C’est pourquoi les syndicats appellent désormais à un dialogue urgent entre les autorités gouvernementales, les opérateurs portuaires et les employeurs du secteur de la manutention.
Vers une négociation avant le 1er mai ?
Malgré la fermeté de leur ultimatum, les dockers affirment privilégier une solution négociée.
Selon leurs représentants, l’objectif de leur démarche reste d’aboutir à une application effective des textes et à une amélioration durable des conditions de travail dans la filière portuaire.
D’ici au 1er mai, les regards seront tournés vers les autorités et les acteurs du secteur pour éviter une nouvelle crise dans l’un des piliers logistiques de l’économie ivoirienne.
