22 octobre 2026

Orpaillage illégal en Côte d’Ivoire : 744 milliards FCFA de pertes annuelles, le FONSTI mobilise la recherche scientifique

Face aux conséquences de l’orpaillage illégal qui touche 29 régions de Côte d’Ivoire et entraînerait 744 milliards de FCFA de pertes fiscales annuelles, le FONSTI a réuni, le 8 octobre 2026 à Abidjan, chercheurs et décideurs pour explorer des solutions innovantes de dépollution et de restauration des sites miniers.

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‘orpaillage illégal continue de peser lourdement sur l’économie et l’environnement en Côte d’Ivoire. Selon les chiffres présentés jeudi 8 octobre à Abidjan, cette activité toucherait 29 des 31 régions du pays et occasionnerait des pertes fiscales estimées à 744 milliards de FCFA chaque année. Face à cette situation, le Fonds pour la Science, la Technologie et l’Innovation (FONSTI) entend faire de la recherche scientifique un levier de lutte contre la dégradation des écosystèmes.

Réunis à l’hôtel Azalaï à l’occasion du « Petit-déjeuner de l’Innovation », chercheurs, parlementaires, responsables institutionnels, forces de sécurité et acteurs du secteur privé ont échangé autour du thème : « Orpaillage en Côte d’Ivoire : de l’urgence environnementale aux solutions innovantes et durables ».

Cette rencontre visait notamment à identifier des solutions concrètes pour restaurer les terres dégradées, dépolluer les cours d’eau et limiter les conséquences sanitaires de l’exploitation clandestine de l’or.

Une activité clandestine aux conséquences économiques et sanitaires préoccupantes

Présentant l’état des lieux, le professeur Bernard Ossey Yapo, directeur général du Centre ivoirien antipollution (CIAPOL), a dressé un tableau préoccupant de l’ampleur du phénomène.

Selon les données exposées, plus de 4 600 milliards de FCFA d’or auraient échappé aux circuits officiels de commercialisation. Entre 2021 et la mi-2026, plus de 8 500 sites auraient également fait l’objet d’opérations de déguerpissement.

Au-delà des pertes économiques, l’orpaillage clandestin représente une menace pour les ressources naturelles et la santé des populations.

L’utilisation de substances chimiques dangereuses, notamment le mercure et le cyanure, contribue à la contamination des sols et des cours d’eau. Dans certaines zones minières, la dégradation de la qualité de l’eau expose les populations riveraines à des risques sanitaires importants.

Les activités d’extraction affectent également les terres agricoles, compromettant les moyens de subsistance de nombreuses communautés rurales.

Ces chiffres et constats ont été rapportés dans le compte rendu de la rencontre publié par Abidjan News. Ils correspondent aux données présentées lors des échanges et ne constituent pas une estimation indépendante réalisée pour cet article. Abidjan News CI

Le FONSTI veut transformer les résultats scientifiques en solutions concrètes

Pour le docteur Yaya Sangaré, secrétaire général du FONSTI, la lutte contre l’orpaillage illégal ne peut se limiter aux interventions sécuritaires et aux sanctions administratives.

L’institution souhaite renforcer la contribution des chercheurs ivoiriens à la résolution des problèmes environnementaux provoqués par l’exploitation minière clandestine.

L’objectif est de soutenir des projets scientifiques capables de déboucher sur des applications concrètes, notamment dans la dépollution des eaux, la restauration des sols et la valorisation des déchets miniers.

Cette approche entend rapprocher davantage les laboratoires de recherche des collectivités territoriales, des administrations et des populations directement touchées.

Des plantes locales pour dépolluer les sols contaminés

Parmi les innovations présentées figure une technique de dépollution utilisant des plantes capables de contribuer à l’extraction ou à la stabilisation de certains polluants présents dans les sols.

Les travaux conduits par une équipe du docteur Sandotin Lassina Coulibaly, de l’Université polytechnique de Man, portent notamment sur l’utilisation de Chrysopogon nigritanus, une plante locale étudiée pour ses capacités de phytoremédiation.

Des expérimentations réalisées en serre ont permis d’observer une réduction significative de la contamination à l’arsenic après 180 jours.

Ces résultats ouvrent des perspectives pour la réhabilitation d’anciens sites d’orpaillage, même si leur efficacité devra être confirmée à plus grande échelle et dans les conditions réelles des terrains contaminés.

D’autres recherches concernent le traitement des eaux polluées à partir de procédés d’électrocoagulation et de matériaux locaux.

Des essais en laboratoire auraient permis d’obtenir des taux d’élimination de l’arsenic supérieurs à 99 %, laissant entrevoir la possibilité de développer des dispositifs mobiles de traitement des eaux.

Transformer les déchets miniers en matériaux de construction

Les chercheurs explorent également des solutions permettant de valoriser certains résidus issus des activités minières.

Des expérimentations réalisées à partir de matériaux provenant notamment de Daoukro, Oumé et Kocoumbo ont montré la possibilité d’intégrer certains déchets miniers dans la fabrication de mortiers destinés au bâtiment.

Les premiers résultats présentés font état de propriétés mécaniques compatibles avec certaines exigences de construction.

Cette piste pourrait contribuer à réduire l’accumulation des résidus miniers tout en favorisant leur réutilisation dans des activités économiques.

Toutefois, la généralisation de ces procédés nécessitera des contrôles rigoureux afin de garantir l’absence de risques sanitaires et environnementaux.

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