22 octobre 2026

Banque de développement d’Afrique de l’Est : Anne Juuko nommée directrice générale

Anne Juuko prend les commandes de la Banque de développement d’Afrique de l’Est (EADB) depuis le 2 octobre 2026. Forte de plus de vingt ans d’expérience dans le secteur bancaire africain, elle aura pour mission de renforcer le financement du développement, de mobiliser de nouveaux capitaux et d’accélérer l’intégration économique régionale.

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ampala (Ouganda), octobre 2026 — La Banque de développement d’Afrique de l’Est (East African Development Bank, EADB) ouvre une nouvelle étape de son histoire avec la nomination d’Anne Juuko au poste de directrice générale. Effective depuis le 2 octobre 2026, cette désignation intervient dans un contexte de transformation de l’institution financière régionale, déterminée à renforcer son rôle dans le financement des économies est-africaines.

La décision a été prise par le Conseil des gouverneurs de la banque, qui a également adopté plusieurs mesures destinées à améliorer sa gouvernance et ses performances.

Anne Juuko succède à Benard P. Mono, directeur principal chargé des finances et de la trésorerie, qui assurait l’intérim à la tête de l’établissement. East African Development Bank

Une banquière expérimentée aux commandes

La nouvelle directrice générale possède plus de vingt années d’expérience dans les secteurs bancaire et financier en Afrique de l’Est et australe.

Avant sa nomination, Anne Juuko occupait les fonctions de directrice régionale des marchés financiers pour l’Afrique de l’Est au sein du groupe Standard Bank.

Elle a également dirigé Stanbic Bank Uganda en qualité de directrice générale, après avoir exercé des responsabilités dans la banque d’entreprise et d’investissement chez Standard Bank Namibia.

Son parcours comprend aussi plusieurs fonctions de direction au sein de Citibank au Kenya et en Ouganda.

Cette expérience dans les marchés financiers, le financement des entreprises et la gestion bancaire constitue un atout pour accompagner les nouvelles ambitions de l’EADB.

Une nomination saluée par les gouverneurs

L’annonce officielle a été faite à Kampala par Yusuf Murangwa, ministre rwandais des Finances et de la Planification économique et président du Conseil des gouverneurs de l’EADB.

Ce dernier a salué le parcours professionnel d’Anne Juuko, soulignant sa connaissance des économies régionales et des mécanismes de financement du développement.

Pour les responsables de l’institution, cette nomination doit permettre de consolider les acquis de la banque tout en accélérant sa transformation.

L’EADB entend notamment renforcer son soutien aux États membres et contribuer davantage à la croissance économique, à l’intégration régionale et au développement durable.

Des performances financières encourageantes

Anne Juuko prend les commandes d’une institution qui affiche des résultats financiers en progression.

Selon les données communiquées par la banque, le bénéfice avant impôt a augmenté de 51 % en 2025, tandis que les décaissements de prêts ont progressé de 140 %.

L’établissement a également conservé ses notations de crédit de catégorie investissement, avec une note A attribuée par S&P Global et Baa3 par Moody’s, toutes deux assorties de perspectives stables.

Ces indicateurs traduisent une amélioration de l’activité financière de l’institution et constituent une base pour la poursuite de ses opérations.

Ils interviennent toutefois dans un environnement où les besoins de financement des infrastructures, des entreprises et des projets de développement demeurent importants.

Mobiliser davantage de capitaux pour le développement

La nouvelle directrice générale a déjà défini plusieurs priorités pour son mandat.

Elle souhaite notamment renforcer le rôle de la banque dans le financement du développement, mobiliser de nouvelles ressources financières à long terme et développer des partenariats stratégiques.

L’objectif est de permettre à l’EADB d’élargir ses interventions et d’accroître son impact économique et social dans les pays membres.

Cette orientation intervient alors que les institutions africaines de financement du développement sont confrontées à des besoins croissants de capitaux pour accompagner les investissements productifs.

La mobilisation de ressources à long terme constitue notamment un enjeu pour le financement des infrastructures, des entreprises et des projets favorisant l’intégration économique.

La gouvernance au cœur des réformes

Parallèlement à la nomination d’Anne Juuko, le Conseil des gouverneurs a adopté des résolutions visant à renforcer la gouvernance et l’efficacité de la banque.

Ces mesures doivent permettre d’améliorer son fonctionnement et de consolider sa crédibilité auprès des partenaires financiers.

Les responsables de l’institution considèrent qu’une gouvernance solide demeure indispensable pour attirer des capitaux et garantir une utilisation efficace des ressources mobilisées.

La nouvelle direction devra ainsi concilier les objectifs de performance financière avec la mission de développement économique de la banque.

Près de soixante ans après sa création, l’EADB entend poursuivre son évolution pour répondre aux besoins de financement des économies de la région.

La prise de fonction d’Anne Juuko marque ainsi le début d’une nouvelle phase pour l’institution, dont les ambitions devront désormais se traduire par une mobilisation accrue des ressources et des investissements au bénéfice des États membres.


Pour aller plus loin : les banques africaines de développement peuvent-elles réduire la dépendance aux financements extérieurs ?

La nomination d’Anne Juuko intervient dans un contexte où les économies africaines recherchent des solutions pour financer durablement leurs infrastructures, leurs entreprises et leur transformation économique.

Les banques régionales de développement peuvent-elles devenir des acteurs suffisamment puissants pour réduire la dépendance du continent aux financements internationaux traditionnels ?

La question dépasse le seul cas de l’EADB. Elle concerne la capacité des institutions financières africaines à mobiliser l’épargne régionale, à attirer les investisseurs privés et à proposer des financements à long terme adaptés aux réalités économiques du continent.

Le défi consiste également à préserver leur solidité financière tout en soutenant des projets dont les retombées économiques et sociales peuvent nécessiter plusieurs années.

Pour Anne Juuko, l’enjeu sera donc double : renforcer la capacité financière de l’EADB et démontrer que les banques africaines de développement peuvent jouer un rôle plus important dans le financement de la transformation économique du continent.

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