Abidjan, 25 septembre 2026 — L’Afrique veut faire de l’espace un nouvel instrument de son développement économique. C’est l’une des ambitions affichées à la première édition de l’Africa Space Expo (ASPEX 2026), ouverte jeudi 24 septembre au Parc des Expositions d’Abidjan et qui se poursuit jusqu’au samedi 26 septembre.
Placée sous le thème « Le spatial africain en action : structurer, décider, déployer pour le développement socioéconomique durable du continent », cette première édition rassemble des représentants d’agences spatiales, d’institutions publiques, d’entreprises, de centres de recherche, des investisseurs et des acteurs du numérique.
Plus de 10 000 participants sont attendus et plus de 100 stands d’exposition annoncés par les organisateurs. Des participants de plus d’une cinquantaine de nationalités prennent part à cette première édition.
Faire du spatial un outil de développement
L’ASPEX 2026 ne se limite pas à présenter des satellites, des équipements ou des technologies de pointe. L’événement entend surtout montrer comment le spatial peut répondre à des besoins économiques et sociaux concrets du continent.
Les données satellitaires jouent désormais un rôle dans de nombreux domaines : télécommunications, cartographie, agriculture, observation de la Terre, gestion des ressources naturelles, surveillance environnementale ou encore prévention et suivi de certains risques.
L’enjeu est donc de rapprocher les technologies spatiales des problématiques quotidiennes des États africains et de leurs populations.
Cette orientation se retrouve dans la conception même de l’événement. L’ASPEX prévoit des espaces de démonstration de solutions, mais aussi des rencontres entre entreprises et gouvernements, des sessions destinées aux investisseurs, des laboratoires de projets et des échanges entre décideurs publics et privés.
Abidjan au centre de l’écosystème spatial africain
L’organisation de cette première édition en Côte d’Ivoire traduit également les ambitions du pays dans le secteur.
L’Africa Space Expo est une initiative conjointe de l’Union africaine et du gouvernement de la République de Côte d’Ivoire. Elle est mise en œuvre à travers l’Agence spatiale africaine (AfSA) et l’Agence spatiale de Côte d’Ivoire (ASCI), avec la Fondation Eburnie Space comme maître d’œuvre.
Pendant trois jours, Abidjan devient ainsi un lieu de rencontre entre gouvernements, agences spatiales, industriels, chercheurs, startups, investisseurs et institutions internationales.
La première journée a notamment été consacrée à la cérémonie officielle d’ouverture, à la Business Arena, aux rencontres entre entreprises et institutions ainsi qu’au lancement de projets pilotes.
Ce vendredi 25 septembre, le programme prévoit notamment des sessions de travail entre décideurs et partenaires stratégiques, des rencontres avec des investisseurs ainsi que la découverte des stands et des innovations spatiales.
La dernière journée, samedi 26 septembre, doit être consacrée notamment à la finalisation de projets, à la conclusion d’accords et à la cérémonie de clôture.
Les États-Unis parmi les pays à l’honneur
La dimension internationale constitue également l’un des axes de cette première édition. Les États-Unis figurent parmi les pays mis à l’honneur et profitent de la rencontre pour présenter des opportunités de coopération et d’affaires dans le secteur spatial.
Au-delà de la présence des délégations étrangères, l’ASPEX cherche surtout à créer des passerelles entre les besoins des États africains, les solutions technologiques disponibles et les capacités de financement.
Le programme comprend ainsi des rencontres B2B, B2G et G2G, permettant respectivement les échanges entre entreprises, entre entreprises et gouvernements, ainsi qu’entre institutions publiques.
Des initiatives sont également consacrées à la jeunesse, aux startups et à la participation des femmes dans les métiers et technologies du spatial.
De l’ambition spatiale aux projets concrets
Pour les organisateurs, l’un des défis consiste précisément à dépasser les déclarations d’intention.
Les « Project Labs » doivent permettre de faire émerger des projets pilotes tandis que les sessions investisseurs cherchent à rapprocher les porteurs de projets des sources potentielles de financement.
L’ambition affichée est donc moins de parler de la conquête de l’espace que de construire une économie spatiale capable de produire des retombées concrètes sur le continent.
Car derrière les satellites se trouvent désormais des enjeux directement liés au développement : couverture numérique des territoires, surveillance des zones agricoles, suivi des changements environnementaux, cartographie, météorologie, gestion des ressources ou encore amélioration de certaines infrastructures.
Avec cette première Africa Space Expo, Abidjan accueille ainsi une plateforme qui veut inscrire davantage l’Afrique dans une industrie spatiale mondiale en pleine transformation.