🇲🇬 Madagascar : Rajoelina renforce son pouvoir avec trois nominations sécuritaires stratégiques
Moins de 24 heures après la nomination de son Premier ministre, le président Andry Rajoelina verrouille les postes de sécurité en plaçant trois généraux et hauts gradés à la tête de ministères clés, marquant un tournant sécuritaire dans sa gouvernance.
Le président Andry Rajoelina vient d’opérer un remaniement express aux allures de coup de force sécuritaire. Moins de 24 heures après la désignation du Général Fortunat Ruphin Zafisambo à la Primature, le chef de l’État a immédiatement nommé trois figures issues des corps militaires et policiers à des portefeuilles clés. Une manœuvre qui sonne comme une réponse directe à la fragilité de son régime, ébranlé par des tensions sociales persistantes et des manifestations.
La sécurité, priorité absolue
En nommant d’emblée les responsables de la Défense, de la Sécurité publique et de la Gendarmerie avant même la composition complète du gouvernement, Rajoelina et son Premier ministre signalent clairement leur priorité : la sécurité du régime.
Les profils choisis sont sans équivoque :
* Le Général de Division Deramasinjaka Manantsoa Rakotoarivelo, ancien chef d’État-major, prend la tête du ministère des Forces armées.
* Le Contrôleur général de police Mandimbin’ny Aina Randriambelo hérite du portefeuille de la Sécurité publique.
* Le Général de Corps d’Armée Andriantsarafara Rakotondrazaka est reconduit à la tête du ministère délégué chargé de la Gendarmerie nationale.
Ces nominations placent des hommes reconnus pour leur loyauté et leur rigueur aux leviers de commande de l’appareil sécuritaire, avec pour mission affichée de rétablir l’ordre.
Un régime sur la défensive
La rapidité et la nature de ces désignations trahissent l’inquiétude au sommet de l’État. Des sources concordantes indiquent que le président Rajoelina se serait installé définitivement au palais d’Iavoloha depuis son retour, un signe d’une vigilance accrue face aux menaces d’instabilité, voire d’une préoccupation pour sa propre sécurité.
Officiellement, le chef de l’État veut reprendre la main en levant le couvre-feu (actuellement de 20 h à 4 h du matin), une mesure jugée préjudiciable à l’économie, notamment au tourisme. L’objectif est d’apaiser et de rétablir la confiance.
Toutefois, en confiant les rênes du pouvoir à une élite militaire, Rajoelina cherche surtout à anticiper toute menace, qu’elle provienne de la rue, de l’opposition ou d’éventuelles dissensions au sein des forces armées. Reste à savoir si cette stratégie de fermeté sera synonyme de stabilité durable ou si elle ne fera qu’accentuer la défiance populaire.
