7 décembre 2025

SÉCURITÉ PRIVÉE EN CÔTE D’IVOIRE : LE CRIMINOLOGUE OKIÉI GUY ARNAUD PLAIDE POUR UNE RÉGULATION INDÉPENDANTE

Le criminologue Okiéi Guy Arnaud, nouveau docteur de l’Université Félix Houphouët-Boigny, alerte sur la prolifération d’entreprises de sécurité non réglementées. Dans sa thèse, il appelle à la création d’une autorité indépendante pour encadrer le secteur et garantir un meilleur niveau de sécurité.

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Une thèse sur les dérives du secteur de la sécurité privée

Le criminologue Okiéi Guy Arnaud Okié, étudiant à l’UFR de criminologie de l’Université Félix Houphouët-Boigny, a soutenu sa thèse de doctorat intitulée « Expansion incontrôlée des entreprises de sécurité privée en Côte d’Ivoire », le 4 novembre à Cocody.
Il a été promu docteur en criminologie, option sociologie criminelle, avec la mention Très honorable.

Selon lui, la Côte d’Ivoire compte plus de 1 300 entreprises de sécurité privée, dont seulement 124 agréées par les autorités. Cette situation engendre une concurrence déloyale et un affaiblissement du contrôle dans le secteur.

« J’ai voulu démontrer l’absence de contrôle dans ce domaine », a expliqué Dr Okiéi Guy Arnaud lors de sa soutenance.

Pour une meilleure régulation du secteur

Le chercheur recommande la création d’une autorité de régulation indépendante, distincte de la Direction de la surveillance du territoire (DST).
Selon lui, cette structure permettrait de superviser les normes, les agréments et la formation des agents de sécurité, à l’image des modèles européens.

« L’État doit mettre en place une autorité de régulation des entreprises de sécurité privée pour garantir une meilleure sécurité aux clients », a-t-il proposé.

Il encourage aussi les petites entreprises à se regrouper pour renforcer leurs capacités face aux exigences réglementaires.

« Seules, ces entreprises ont du mal à évoluer dans cet environnement », a-t-il ajouté.

Une contribution saluée par le monde académique

Le président du jury, le professeur Bakayoko Ismaïla, a salué la pertinence du sujet et la qualité de la recherche.
Il a reconnu les efforts de l’État depuis 2014, tout en soulignant que la régulation demeure insuffisante.

« On constate une prolifération d’entreprises de sécurité qui ne respectent plus les lois, notamment celles sur la formation, la détention d’armes et l’agrément délivré par la DST », a précisé le professeur.

À travers cette étude, le Dr Okiéi Guy Arnaud Okié ouvre un débat essentiel sur la gouvernance de la sécurité privée en Côte d’Ivoire, appelant à une réforme structurelle pour concilier efficacité, transparence et professionnalisation du secteur.