La transition vers une économie plus verte pourrait devenir un puissant moteur de création d’emplois en Afrique subsaharienne. Selon un rapport publié par FSD Africa, en partenariat avec Shortlist et la Fondation Shell, la région pourrait générer entre 65,9 et 84,5 millions d’emplois directs et indirects à l’horizon 2050, contre une estimation comprise entre 3,8 et 7,9 millions d’ici 2030. Ces données ont été relayées par l’Agence Ecofin.
Le rapport souligne que cette croissance sera principalement portée par les services plutôt que par les grandes infrastructures industrielles. Contrairement aux économies développées, où les emplois verts sont largement concentrés dans l’industrie, le modèle africain reposera davantage sur les réseaux d’opérateurs indépendants, les nano et microentreprises ainsi que les activités de proximité.
Parmi les secteurs les plus prometteurs figurent la cuisson propre, qui pourrait devenir le premier gisement d’emplois verts, suivie du recyclage des déchets, des systèmes solaires domestiques et de la mobilité électrique, notamment les deux et trois-roues électriques. Ces activités présentent l’avantage d’être fortement intensives en main-d’œuvre et plus accessibles aux travailleurs des zones rurales, périurbaines et de l’économie informelle.
Les auteurs du rapport estiment toutefois que ce potentiel dépendra fortement des politiques publiques mises en œuvre. Des investissements dans la cuisson propre, un cadre réglementaire favorable à la mobilité électrique et une meilleure application des règles liées à l’économie circulaire seront déterminants pour atteindre les scénarios les plus optimistes.
Le rapport met également en évidence un défi majeur : le développement des compétences. Si les savoir-faire de base sont largement disponibles, les besoins évoluent rapidement vers des profils spécialisés dans la gestion des batteries, les objets connectés (IoT), les systèmes énergétiques intelligents ou encore la mesure des émissions de carbone. Les auteurs recommandent ainsi de renforcer les formations techniques et professionnelles afin d’accompagner la montée en puissance des métiers de la transition écologique.
Pour les économies africaines, cette transition représente bien plus qu’un enjeu environnemental. Elle constitue également une opportunité de stimuler l’emploi, de favoriser l’entrepreneuriat et de renforcer la résilience économique du continent face aux défis climatiques.
Source : Agence Ecofin, d’après le rapport « Unlocking Africa’s Green Transition: Opportunities towards a Green and Inclusive Workforce » publié par FSD Africa, Shortlist et la Fondation Shell.
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