Un symposium tourné vers l’avenir de la santé
Le 21 août 2025, l’Institut national de santé publique (INSP) d’Abidjan a accueilli le premier symposium sur la gouvernance des données de santé. L’événement a réuni des spécialistes africains, des responsables institutionnels et des fondateurs de startups autour d’un objectif clair : définir une stratégie nationale de digitalisation de la santé.
Le digital, pilier des soins de demain
Pour Franck Simon Bléhiri, Directeur de l’informatique et de la santé digitale au ministère de la Santé, le numérique n’est plus une option :
« L’avenir de la santé, c’est le digital. Il permet d’aller vite, de tracer les soins, d’assurer un suivi de qualité et d’apporter des solutions jusque dans les zones rurales grâce au smartphone. »
Il a rappelé les avancées déjà réalisées : mise en place du Dossier patient informatisé, décliné en trois volets (administratif, paramédical et médical), et déploiement d’un Système d’information hospitalier pour une meilleure gouvernance des établissements de santé.
Des défis à surmonter
Les débats ont aussi mis en lumière les obstacles majeurs :
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la protection des données sensibles des patients,
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le manque de formation des professionnels,
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le coût élevé des technologies,
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et l’absence de cadres juridiques clairs pour encadrer la télémédecine.
Selon Dr Seydou Barro, épidémiologiste du Burkina Faso, l’Afrique doit « concevoir des solutions spécifiques au terrain », comme l’usage d’outils simples (SMS, téléconsultations intégrées aux centres de santé existants), tout en instaurant un cadre légal protecteur.
La télémédecine, levier d’accès aux soins
Avec un ratio faible de spécialistes par habitant, la télémédecine apparaît comme un outil incontournable pour rapprocher patients et médecins.
Ouattara Corinne Louise, fondatrice de la start-up TechMousso et présidente de l’Association des entrepreneurs de la santé numérique, souligne :
« Seule la santé numérique peut pallier certaines lacunes, faciliter le suivi des patients et rendre la vie plus simple pour les professionnels comme pour les citoyens. »
Une stratégie nationale en construction
Au-delà des outils, la sécurité des données est un point central. Le ministère de la Santé a rappelé que tout projet digital commence par un verrouillage des accès et l’hébergement des solutions dans des infrastructures sécurisées. La stratégie nationale de gouvernance des données de santé est en cours d’élaboration, avec comme cœur de cible : la confiance des populations.
Un tournant pour la Côte d’Ivoire et l’Afrique
La forte pénétration mobile (près de 170 % selon l’ARTCI) ouvre un potentiel immense pour la télémédecine et l’innovation en santé digitale. La Côte d’Ivoire, en structurant son approche, pourrait devenir un modèle africain dans ce domaine, où la technologie épouse la culture locale pour répondre aux besoins réels des patients.