Paris – La diaspora ivoirienne est désormais appelée à jouer un rôle stratégique dans la transformation économique de la Côte d’Ivoire. À l’occasion d’une rencontre organisée le 27 juin 2026 à Paris, le ministre de l’Économie, du Plan et du Développement, Nialé Kaba, accompagnée du ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, a présenté les nouvelles orientations du gouvernement visant à mobiliser davantage les compétences et les ressources financières des Ivoiriens établis à l’étranger au service du développement national.
Chaque année, la diaspora ivoirienne transfère plus de 900 milliards de francs CFA, soit environ 1,5 milliard de dollars, un montant désormais supérieur à plusieurs programmes d’aide publique au développement. Ces flux financiers constituent une contribution essentielle à l’économie nationale et représentent un levier que le gouvernement souhaite désormais orienter vers des investissements créateurs de richesse.
Transformer l’épargne en investissements productifs
Inscrite dans les priorités du Plan National de Développement (PND) 2026-2030, cette stratégie vise à faire de la diaspora un acteur majeur de l’industrialisation, de la création d’emplois et de la modernisation de l’économie ivoirienne.
Sous l’impulsion du Président de la République, Alassane Ouattara, le gouvernement entend créer un environnement favorable permettant aux Ivoiriens vivant à l’étranger d’investir plus facilement dans leur pays d’origine, tout en participant au transfert de compétences et de technologies.
Cette politique repose sur trois axes majeurs.
Le premier consiste à mettre en place des instruments financiers dédiés, notamment des emprunts obligataires réservés à la diaspora ainsi qu’un fonds d’investissement spécifique destiné à financer des projets structurants.
Le deuxième axe prévoit la création d’un environnement d’affaires plus sécurisé grâce à un guichet unique facilitant les démarches administratives, accompagné de mécanismes destinés à sécuriser les investissements des membres de la diaspora.
Enfin, le troisième volet ambitionne de valoriser les compétences des Ivoiriens établis à l’étranger dans des secteurs stratégiques tels que l’industrie, le numérique, les fintech, la recherche scientifique, les nouvelles technologies et l’innovation.
Un potentiel encore sous-exploité
Si les transferts financiers de la diaspora connaissent une croissance remarquable depuis plus d’une décennie, une grande partie de ces ressources reste aujourd’hui consacrée aux dépenses familiales, notamment l’éducation, la santé ou le logement.
Selon les données présentées lors des travaux préparatoires, seuls 10 à 15 % des fonds transférés sont actuellement orientés vers des investissements productifs. Le défi consiste désormais à transformer cette importante capacité d’épargne en moteur durable de croissance économique et de création d’emplois.
Une mobilisation internationale avant le Groupe consultatif
La rencontre de Paris s’inscrit dans une vaste tournée internationale menée par le gouvernement ivoirien auprès des partenaires techniques et financiers.
Depuis plusieurs semaines, les autorités multiplient les échanges avec les banques multilatérales de développement, les investisseurs institutionnels, les entreprises et les partenaires internationaux dans plusieurs capitales, notamment Washington, Brazzaville, Kigali, Bakou, Bruxelles et Paris.
Cette séquence diplomatique et économique précède le Groupe consultatif des 8 et 9 juillet 2026 à Abidjan, au cours duquel la Côte d’Ivoire présentera sa stratégie de financement du PND 2026-2030 et sollicitera l’accompagnement de ses partenaires pour accélérer sa transformation économique.
Une diaspora au cœur du développement
À travers cette nouvelle approche, les autorités ivoiriennes affichent une ambition claire : faire de la diaspora non plus seulement un soutien financier aux familles, mais un véritable partenaire du développement national.
En mobilisant l’épargne, les compétences et les réseaux internationaux des Ivoiriens établis à l’étranger, le gouvernement entend renforcer l’attractivité économique du pays, soutenir l’industrialisation et accélérer la création de valeur sur le territoire national.