17 juillet 2026

CEMAC : la BEAC assouplit sa politique monétaire pour relancer le crédit et soutenir l’économie régionale

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a décidé d’assouplir sa politique monétaire en abaissant ses principaux taux directeurs et en réduisant les réserves obligatoires des banques. Cette décision vise à stimuler le financement des entreprises et des ménages dans la zone CEMAC, tout en préservant la stabilité macroéconomique.

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aoundé. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de soutien à l’économie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Réuni le 30 juin 2026, le Comité de politique monétaire (CPM) a décidé d’assouplir sa politique monétaire en réduisant ses principaux taux directeurs et en allégeant les réserves obligatoires imposées aux établissements de crédit. Cette orientation marque un changement après plusieurs mois de prudence monétaire.

Un taux directeur ramené à 4,50 %

La principale mesure annoncée concerne le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO), principal instrument de refinancement des banques commerciales, qui est abaissé de 4,75 % à 4,50 %.

Le taux de la facilité de prêt marginal est également revu à la baisse afin de réduire le coût de refinancement des banques auprès de la banque centrale. Parallèlement, la BEAC a choisi d’assouplir les coefficients des réserves obligatoires, libérant ainsi davantage de liquidités au profit du système bancaire.

Favoriser un accès plus large au crédit

À travers ces mesures, l’institution monétaire entend encourager les banques à accroître leurs financements en direction des entreprises, des PME, des investisseurs et des ménages.

L’objectif est de soutenir l’investissement privé, stimuler la consommation et accompagner la reprise économique dans les six pays membres de la CEMAC : le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad.

Selon la BEAC, les perspectives économiques régionales demeurent favorables malgré un environnement international marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes sur les marchés financiers.

Une inflation sous contrôle

Cette décision intervient dans un contexte où les pressions inflationnistes restent globalement maîtrisées dans la sous-région.

L’amélioration progressive des réserves de change, conjuguée au ralentissement de l’inflation, offre à la banque centrale une marge de manœuvre pour soutenir davantage l’activité économique sans compromettre la stabilité monétaire.

Plus de liquidités pour financer l’économie

En réduisant les réserves obligatoires, la BEAC permet aux banques commerciales de disposer de ressources supplémentaires qu’elles pourront consacrer au financement de l’économie réelle.

Cette injection de liquidités devrait notamment faciliter :

  • le financement des PME ;
  • les crédits aux entreprises industrielles ;
  • les investissements productifs ;
  • les prêts aux ménages ;
  • le développement du secteur privé.

L’institution espère ainsi accélérer la croissance économique tout en renforçant la résilience financière de la région.

Un signal positif pour les investisseurs

Pour les analystes, cet assouplissement monétaire constitue un signal favorable envoyé aux investisseurs.

En abaissant le coût du crédit, la banque centrale cherche à encourager les projets d’investissement dans une région confrontée à un ralentissement de la croissance, mais qui dispose encore d’importants potentiels dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de l’agriculture, des services et de la transformation industrielle.

La décision pourrait également contribuer à améliorer les conditions de financement des États et des entreprises sur les marchés financiers régionaux.

Une politique monétaire plus accommodante

Cette orientation traduit la volonté de la BEAC d’adopter une politique monétaire davantage tournée vers le soutien à l’économie, tout en maintenant une vigilance sur les équilibres macroéconomiques.

Le Comité de politique monétaire a indiqué qu’il continuera de suivre de près l’évolution de l’inflation, des réserves de change et de la conjoncture internationale afin d’ajuster, si nécessaire, ses instruments de politique monétaire au cours des prochains mois.