17 juillet 2026

Débat d’orientation budgétaire 2027-2029 : la Côte d’Ivoire projette une croissance de 6,8 % et un budget de plus de 22 000 milliards FCFA

Présentant le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029 devant le Sénat, le ministre Adama Coulibaly a dévoilé les principales perspectives économiques de la Côte d’Ivoire, marquées par une croissance soutenue, des finances publiques consolidées et une montée en puissance des investissements.

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Le Sénat de Côte d’Ivoire a accueilli, à Yamoussoukro, le débat d’orientation budgétaire consacré à la programmation économique et financière de l’État pour la période 2027-2029. À cette occasion, le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a présenté aux sénateurs les grandes orientations du Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP), un exercice prévu par la loi organique relative aux lois de finances et qui constitue une étape essentielle dans la préparation des futurs budgets de l’État.

Une croissance économique appelée à se renforcer

Malgré un contexte international toujours marqué par les incertitudes, le gouvernement table sur la poursuite de la dynamique économique ivoirienne. Les projections présentées prévoient une croissance moyenne de 6,8 % entre 2027 et 2029, avec un niveau pouvant atteindre 7,7 % en 2029.

Selon le ministre, cette progression sera portée par le dynamisme des secteurs productifs, la poursuite des réformes économiques et la mise en œuvre du Plan National de Développement (PND) 2026-2030, appelé à soutenir la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.

Un budget en progression continue

Les perspectives budgétaires traduisent également cette ambition de croissance. Le budget de l’État devrait passer de 17 350 milliards FCFA en 2026 à 18 466 milliards FCFA en 2027, avant d’atteindre 20 485 milliards FCFA en 2028, puis 22 315 milliards FCFA en 2029.

Cette évolution reposerait principalement sur une mobilisation accrue des ressources intérieures. Les recettes fiscales sont ainsi attendues à 8 818 milliards FCFA en 2027, avec une progression jusqu’à 11 512 milliards FCFA en 2029, traduisant la volonté des autorités de renforcer les capacités de financement de l’État.

Une dette maîtrisée et un déficit sous contrôle

Le gouvernement entend poursuivre sa politique de consolidation des finances publiques. Après avoir été ramené à 3 % du PIB en 2025, le déficit budgétaire connaîtrait une légère remontée à 3,8 % en 2026, avant de revenir à 3 % dès 2028, conformément aux critères de convergence de l’UEMOA.

Dans le même temps, le ratio dette/PIB devrait suivre une trajectoire baissière, passant progressivement de 59,5 % en 2024 à 52,8 % en 2029. Pour le ministre Adama Coulibaly, cette évolution témoigne d’une gestion prudente de l’endettement et d’un processus de désendettement engagé par l’État.

Le capital humain et les infrastructures en priorité

La programmation budgétaire reste alignée sur les objectifs du PND 2026-2030. Une part importante des ressources publiques sera orientée vers le développement du capital humain. Ainsi, 28,3 % des crédits budgétaires seront consacrés à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la protection sociale.

Parallèlement, près de la moitié du budget sera destinée aux infrastructures structurantes, au développement des pôles économiques régionaux ainsi qu’aux investissements liés à la transition écologique et à la résilience climatique.

Des réformes pour améliorer la performance des finances publiques

Le ministre a également annoncé la poursuite de plusieurs réformes destinées à renforcer l’efficacité de la gestion publique. Parmi les principales mesures figurent la rationalisation des exonérations fiscales, l’accélération de la digitalisation de l’administration fiscale et douanière ainsi que le déploiement progressif d’une fiscalité verte, notamment à travers l’introduction d’une taxe carbone.

Un cap confirmé vers la transformation économique

Au terme de sa présentation, Adama Coulibaly a réaffirmé la volonté du gouvernement de maintenir une trajectoire économique fondée sur une croissance soutenue, des finances publiques assainies et une amélioration continue de l’efficacité de la dépense publique.

Au-delà des prévisions chiffrées, ce débat d’orientation budgétaire dessine les grandes priorités de l’action publique pour les prochaines années. Pour les entreprises, les investisseurs et les partenaires au développement, ces orientations constituent un indicateur important de la stratégie économique que la Côte d’Ivoire entend poursuivre afin de consolider sa position parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest.