19 janvier 2026

TVA sur l’aliment de volaille : le prix du poulet sous pression dès janvier 2026

À compter du 2 janvier 2026, l’application d’une TVA de 18 % sur l’aliment de volaille en Côte d’Ivoire suscite de fortes inquiétudes dans la filière avicole. Éleveurs et consommateurs redoutent une hausse rapide du prix du poulet, protéine animale de base pour de nombreux ménages.

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crédit image KOACI

Une mesure fiscale qui fragilise la filière avicole

La décision d’appliquer une TVA de 18 % sur l’aliment de volaille, effective à partir du 2 janvier 2026, fait déjà réagir les acteurs de la filière avicole ivoirienne.
Jusqu’ici exonérés, ces intrants essentiels à l’élevage du poulet entrent désormais dans le champ de la fiscalité indirecte, avec des conséquences économiques immédiates.

Pour les éleveurs, l’aliment représente près de 70 % du coût de production d’un poulet. L’introduction de cette taxe entraîne mécaniquement une hausse des charges, dans un contexte déjà marqué par l’augmentation du coût des matières premières importées (maïs, soja) et de l’énergie.


Un risque de flambée des prix pour les consommateurs

Dans les marchés et les fermes, l’inquiétude est palpable. La hausse des coûts de production devrait être répercutée sur le prix final, faisant redouter une flambée du prix du poulet dès les premières semaines de 2026.

Or, le poulet constitue l’une des sources de protéines animales les plus accessibles pour les ménages ivoiriens, notamment en milieu urbain. Toute augmentation significative de son prix risque d’alimenter la pression inflationniste sur le panier alimentaire, déjà fragilisé par la hausse générale du coût de la vie.


Entre impératif budgétaire et sécurité alimentaire

Du point de vue de l’État, cette mesure s’inscrit dans une logique d’élargissement de l’assiette fiscale et de mobilisation accrue des ressources internes.
Mais pour les professionnels du secteur, elle pose une question stratégique : comment concilier rendement fiscal et sécurité alimentaire ?

Plusieurs acteurs appellent à :

  • des mesures d’accompagnement ciblées pour les petits et moyens éleveurs,

  • une phase transitoire ou des mécanismes de compensation,

  • voire une réévaluation de la fiscalité sur les intrants agricoles jugés sensibles.


Un enjeu régional pour la souveraineté alimentaire

Au-delà de la Côte d’Ivoire, la question dépasse les frontières nationales. Dans l’espace UEMOA, plusieurs pays cherchent à renforcer leur souveraineté alimentaire et à réduire leur dépendance aux importations de protéines animales.

Toute fragilisation de la filière avicole locale pourrait favoriser un retour massif aux importations de poulet congelé, au détriment de la production nationale, de l’emploi rural et de la balance commerciale.


Un débat économique à suivre de près

À quelques jours de l’entrée en vigueur de la mesure, les regards sont désormais tournés vers les autorités fiscales et agricoles.
Un ajustement ou un dialogue renforcé avec les acteurs de la filière pourrait permettre d’éviter un choc brutal sur les prix et préserver un secteur clé de l’économie agricole ivoirienne.

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