Une décision de justice qui suspend le processus électoral
La crise interne au sein de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) a franchi une nouvelle étape avec la décision rendue le 19 février 2026 ordonnant la suspension du congrès de l’organisation jusqu’à nouvel ordre.
À la suite de cette décision judiciaire, le Collectif pour le respect des textes de l’UNJCI a publié une déclaration publique estimant que la suspension confirme les irrégularités qu’il dénonçait dans le processus électoral.
Selon ce collectif, la décision de justice met en lumière « l’illégalité manifeste du processus engagé en violation flagrante des statuts et règlements » de l’organisation professionnelle des journalistes ivoiriens.
Des revendications pour sortir de l’impasse
Dans sa déclaration, le collectif formule plusieurs exigences destinées, selon lui, à rétablir la légalité et la crédibilité du processus électoral.
Parmi les principales revendications :
l’invalidation de la candidature de Franck Ettien Tanoh Koffi
la reconnaissance de la fin du mandat du président sortant
la mise en place d’une instance ad hoc pour gérer les affaires courantes
l’organisation de nouvelles élections conformes aux statuts
Le collectif affirme que le mandat du président sortant, Jean-Claude Coulibaly, aurait officiellement expiré le 26 novembre 2025 et qu’à compter du 26 février 2026 il ne serait plus habilité à engager juridiquement l’organisation.
Une candidature contestée au cœur de la crise
Au centre de la controverse figure la candidature de Franck Ettien Tanoh Koffi à la présidence du Conseil exécutif de l’UNJCI.
Le collectif lui reproche notamment :
de ne pas disposer des trois cartes professionnelles exigées par les statuts au moment de la validation de sa candidature
de faire l’objet d’un réexamen de sa carte de journaliste par la commission paritaire
d’occuper officiellement les fonctions de directeur de cabinet du président du Conseil régional du Gbôklé
Une situation jugée incompatible, selon les signataires, avec les exigences d’indépendance et de statut professionnel requises pour briguer la présidence de l’organisation.
Le collectif évoque également des soupçons de cartes antidatées qui auraient été produites afin de permettre la validation de cette candidature.
Appel à un audit et à une instance transitoire
Pour sortir de la crise, le collectif demande également :
la saisine du Procureur de la République pour des faits présumés de faux et usage de faux
la mise en place d’une instance ad hoc proposée par le Conseil des sages afin d’assurer la gestion intérimaire
la réalisation d’un audit de la gestion du bureau sortant par le ministère de la Communication
Cette demande d’audit est adressée au ministre Amadou Coulibaly, dont le département constitue l’un des principaux partenaires institutionnels de l’organisation.
Une crise récurrente dans l’histoire de l’Union
Les porte-paroles du collectif rappellent que les élections de l’UNJCI ont déjà donné lieu à plusieurs contentieux judiciaires, notamment en 2009, 2016 et 2022.
En 2022, une liste avait été invalidée en raison de la présence d’un fonctionnaire, pourtant journaliste. Pour le collectif, accepter aujourd’hui la candidature d’un haut cadre administratif constituerait une incohérence avec les précédents juridiques.
Une audience au fond est annoncée pour le 2 mars 2026, tandis que les membres du collectif affirment poursuivre leurs démarches judiciaires.
Un enjeu de crédibilité pour la profession
Au-delà des rivalités internes, cette crise soulève une question plus large : celle de la crédibilité et de la gouvernance des organisations professionnelles de journalistes.
Dans un contexte où la presse ivoirienne cherche à renforcer son indépendance et sa régulation interne, la résolution de cette crise apparaît comme un enjeu majeur pour l’image et l’unité de la profession.