22 octobre 2026

GIABA : à Accra, des journalistes ouest-africains formés contre les flux financiers illicites

Réunis à Accra du 22 au 24 septembre 2026, une quarantaine de professionnels des médias ouest-africains renforcent leurs compétences en journalisme d’investigation sur le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et les crimes économiques et financiers.

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Face à la progression des flux financiers illicites, du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme en Afrique de l’Ouest, le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) mise sur la presse

Du 22 au 24 septembre à Accra, l’institution régionale réunit une trentaine de journalistes issus des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dans le cadre d’un atelier intensif de renforcement des capacités consacré aux crimes economiques.

Former les médias à suivre les circuits financiers
L’objectif de cette rencontre est de doter les professionnels de la presse d’outils adaptés pour traiter des dossiers financiers complexes avec plus de méthode, de rigueur et d’impact.
Pendant trois jours, les participants sont initiés aux techniques d’enquête en sources ouvertes, ou OSINT, au décryptage des mécanismes de blanchiment de capitaux ainsi qu’aux modalités de collaboration sécurisée avec les services d’enquête et les structures spécialisées.
À travers ces sessions, le GIABA entend renforcer la capacité des journalistes à identifier les schémas financiers suspects, à comprendre les réseaux de dissimulation de fonds et à documenter les pratiques susceptibles d’alimenter la criminalité économique et financière.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence de plusieurs autorités ghanéennes, parmi lesquelles Benjamin Ofori, directeur des Affaires juridiques du Centre de renseignement financier du Ghana, le Financial Intelligence Centre (FIC).

Une région exposée à plusieurs vulnérabilités
Prenant la parole , le secrétaire Timothy Melaye , responsable par intérim de la communication au sein du GIABA, a prononcé un discours au nom du directeur général du GIABA, Mam Cherno Jallow ; Il a dressé un tableau préoccupant des risques auxquels l’espace CEDEAO demeure confronté.
Il a notamment évoqué :
• La corruption à haut niveau ;
• Les sorties illicites de capitaux, notamment dans les industries extractives ;
• Le financement du terrorisme et le trafic de stupéfiants ;
• L’exploitation abusive des actifs virtuels, dont les cryptomonnaies ;
• Les faiblesses dans le contrôle des entreprises et professions non financières désignées, les EPNFD.
Selon Timothy Melaye, ces défis nécessitent une mobilisation collective des autorités publiques, des services de renseignement financier, des organes d’enquête, de la justice, mais aussi des médias.
« Ces actions témoignent d’une volonté politique forte et d’un engagement clair en faveur du respect des normes internationales, tout en contribuant activement à la stabilité de notre Communauté », a déclaré le représentant du GIABA.

Les journalistes, alliés de la transparence
Pour le GIABA, les médias ne doivent pas être limités à un rôle de relais de l’information. Ils sont appelés à devenir des partenaires stratégiques dans la promotion de la transparence, de la redevabilité publique et de la lutte contre la criminalité financière.
« La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ne peut être pleinement efficace sans l’implication active des médias. Vous êtes nos alliés stratégiques », a insisté Timothy Melaye devant les participants.
À travers leurs enquêtes, les journalistes peuvent contribuer à mettre en lumière les réseaux financiers opaques, les détournements de ressources publiques, les sociétés écrans et les circuits de financement illicites. Le travail journalistique nourrit le débat démocratique, renforce la vigilance citoyenne et peut pousser les autorités à engager des réformes ou des poursuites.

Guy IRIE