19 janvier 2026

biopesticides: l’espoir renaît chez les maraîchers ivoiriens

Face aux dégâts sanitaires et environnementaux liés aux pesticides chimiques, une équipe de chercheurs ivoiriens développe un biopesticide issu de plantes locales, financé par le FONSTI. Une innovation susceptible de changer durablement les pratiques maraîchères.

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Une innovation scientifique pour répondre à une urgence agricole

À l’Université Nangui Abrogoua (UNA), un projet scientifique financé par le Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (FONSTI) pourrait ouvrir une nouvelle ère pour le maraîchage ivoirien. Le 2 décembre 2025, enseignants-chercheurs et responsables institutionnels ont présenté un programme ambitieux : mettre au point un biopesticide à base de trois plantes locales, pour offrir aux agriculteurs une alternative plus sûre aux pesticides chimiques.

Dans un pays où les légumes alimentent les grandes villes mais où les producteurs sont confrontés à des ravageurs de plus en plus agressifs, les pesticides de synthèse restent le recours dominant… avec des conséquences lourdes : intoxications récurrentes, sols appauvris, récoltes perdues prématurément.

« Les dégâts des produits de synthèse sont visibles chaque jour sur le terrain », confie un enseignant-chercheur.
D’où l’urgence d’une solution durable, accessible et adaptée aux réalités agricoles.


Un financement de 45 millions FCFA pour trois ans de recherche

Doté de près de 45 millions FCFA, le programme s’étalera sur trois ans et intégrera :

  • des essais en laboratoire et en parcelles,

  • une analyse des pratiques et besoins des producteurs,

  • une étude d’adhésion afin d’assurer l’adoption du futur biopesticide.

Cette prise en compte des utilisateurs est stratégique. Comme le rappelle un intervenant :
« Un biopesticide efficace ne sert à rien s’il ne correspond pas aux réalités du terrain. »

L’objectif est clair : produire un outil scientifique, certes, mais avant tout une solution agricole opérationnelle.


Valoriser les plantes locales et réduire la dépendance aux importations

En s’appuyant sur la pharmacopée ivoirienne, les chercheurs misent sur des ressources endogènes capables de :

  • réduire la dépendance aux pesticides importés,

  • renforcer la souveraineté phytosanitaire,

  • valoriser les savoirs locaux.

Pour le Professeur Konin Sévérin, représentant du FONSTI, cette orientation est « stratégique », car elle relie innovation, économie et biodiversité.

Cette approche s’inscrit dans un mouvement mondial en faveur de solutions agricoles écologiques et territorialisées, où l’Afrique de l’Ouest cherche encore son modèle.


L’Université Nangui Abrogoua en fer de lance de la recherche appliquée

La Présidente de l’UNA, Professeure Yoboué Véronique, a rappelé la vocation transformative de l’institution :
« L’université n’a de sens que si elle transforme la société. »

La mobilisation des vice-présidents, enseignants-chercheurs et doctorants témoigne d’une dynamique collective. L’UNA affirme ainsi son rôle d’acteur national du développement, capable de produire des solutions concrètes pour les filières agricoles.


Une promesse pour un maraîchage plus sûr et plus durable

S’il est encore trop tôt pour mesurer l’impact final du biopesticide, les bases posées sont solides :

  • recherche rigoureuse,

  • ancrage territorial,

  • collaboration avec les producteurs,

  • orientation écologique.

Si les résultats attendus se confirment, une transformation profonde pourrait toucher un secteur vital mais vulnérable : le maraîchage urbain et périurbain, essentiel à l’alimentation quotidienne.

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