Ouagadougou, Bamako, Niamey – 23 septembre 2025. Les trois pays sahéliens dirigés par des juntes militaires – le Burkina Faso, le Mali et le Niger – ont annoncé leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), qualifiant cette institution d’« instrument de répression néo-coloniale au service de l’impérialisme ». La décision, annoncée dans un communiqué commun, est immédiatement effective et s’inscrit dans une stratégie affirmant la souveraineté des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Une Cour critiquée mais emblématique
Créée en 2002, la CPI a pour mission de poursuivre les auteurs de crimes graves – crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocides et crimes d’agression – lorsque les États ne peuvent ou ne veulent pas le faire. Elle compte aujourd’hui 125 membres, même si des pays comme les États-Unis, la Russie, Israël ou la Chine n’en font pas partie. L’institution a cependant prononcé des condamnations emblématiques, comme celle du chef de guerre congolais Bosco Ntaganda (30 ans) ou du jihadiste malien Al Hassan (10 ans), tout en acquittant des figures politiques telles que Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé ou Jean-Pierre Bemba.
Vers une justice sahélienne
Les autorités sahéliennes reprochent à la CPI son incapacité à juger efficacement les crimes sur le continent et annoncent la création prochaine d’une Cour pénale sahélienne pour traiter ces affaires en interne. Le retrait officiel de la CPI prendra effet un an après le dépôt de la demande auprès de l’ONU.
Nouveaux partenariats et enjeux sécuritaires
Les pays de l’AES se rapprochent de partenaires internationaux comme la Russie, alors que la région du Sahel continue de subir des violences jihadistes et que les armées nationales sont régulièrement accusées de violations des droits humains.
Un précédent africain
En Afrique, la CPI a souvent été critiquée pour cibler majoritairement des dirigeants africains. En 2016, la Gambie, l’Afrique du Sud et le Burundi avaient envisagé de quitter l’institution, mais seuls le Burundi et la Gambie avaient concrétisé leur retrait.
Avec cette décision, le Burkina Faso, le Mali et le Niger tracent une nouvelle voie pour la gestion de la justice internationale au Sahel, affirmant leur souveraineté et réaffirmant leur volonté de créer des mécanismes régionaux de contrôle et de protection juridique.