BURUNDI : L’ACCÈS AUX ARV MENACÉ PAR LES COUPES BUDGÉTAIRES, LES MALADES DU VIH EN DÉTRESSE
Au Burundi, la fin du financement américain fragilise gravement l’accès aux traitements antirétroviraux. L’ANSS, pilier national de la lutte contre le VIH, peine à maintenir ses services, mettant en danger des milliers de malades déjà confrontés à l’insécurité alimentaire.
Une crise profonde pour les malades du VIH au Burundi
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le Burundi fait face à une urgence sanitaire majeure.
L’Association nationale de soutien aux séropositifs et malades du Sida (ANSS), structure clé dans l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH, traverse l’une des crises les plus graves de son histoire après la suppression du financement de l’USAID.
Depuis avril, la prise en charge des bénéficiaires se dégrade, menaçant directement l’adhérence aux traitements antirétroviraux.
« Nous allons beaucoup tomber… nous allons retourner comme avant », déplore Laetitia Nizigiyimana, 55 ans, membre de l’ANSS depuis 2004.
Nutrition et traitement : un équilibre vital rompu
Pour de nombreuses familles, la crise budgétaire se traduit par une insécurité alimentaire qui met en péril l’efficacité des traitements.
Laetitia témoigne :
« Imaginez mon fils qui rentre de l’école et ne trouve rien à manger. Va-t-il prendre normalement les ARV ? Peut-être une fois ou deux, mais pas longtemps. »
En parallèle, elle s’efforce de maintenir un revenu grâce au petit commerce et à l’agriculture, vendant une partie de ses récoltes pour acheter de la nourriture.
Prévention fragilisée et personnel réduit
La prévention — déjà fragile — est l’un des secteurs les plus frappés par les coupes budgétaires.
Martine Kabugubugu, directrice exécutive de l’ANSS, s’inquiète des impacts :
« Deux grands projets américains finançaient 49 % des salaires. Nous devons nous réinventer, chacun doit être multitâche. »
Réduction de personnel, bénévolat accru, restructuration interne : l’ANSS tente de maintenir ses services essentiels malgré des moyens sévèrement amoindris.
Médicaments disponibles mais système affaibli
Le Burundi ne connaît pas de rupture d’antirétroviraux grâce au financement du Fonds mondial.
Cependant, l’accompagnement nutritionnel, social et préventif — indispensable à une prise en charge efficace — est aujourd’hui sérieusement compromis.
Les partenaires locaux et européens assurent encore 51 % du budget de l’organisation, mais un éventuel retour du financement américain reste décisif pour stabiliser la situation.
