Une réponse nationale à une menace croissante
Le mardi 9 septembre 2025, l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) a organisé un atelier stratégique à l’Immeuble Postel 2001. L’objectif : outiller les responsables de communication des ministères et institutions face aux risques liés aux fake news, à la désinformation et aux manipulations en ligne.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Plan national de Prévention et de Riposte à la Désinformation, déployé par l’ANSSI pour renforcer la sécurité numérique de la Côte d’Ivoire.
Une menace qui fragilise la confiance
La Côte d’Ivoire compte près de 32 millions d’habitants, avec 46 millions de connexions téléphoniques actives et 13 millions d’internautes dont 8 millions actifs sur les réseaux sociaux. Ces plateformes, devenues le principal canal d’information, constituent aussi un vecteur privilégié de diffusion de rumeurs et d’attaques numériques.
Depuis 2020, plusieurs cas marquants ont montré l’impact des fake news sur l’opinion publique :
mars 2021 : fausse annonce du décès du Président Ouattara, relayée via une infographie falsifiée,
mai 2021 : rumeur d’assassinat du chef d’état-major avec images truquées,
juin 2021 : fausse arrestation du ministre de l’Économie en Allemagne,
août 2025 : faux communiqué annonçant la nomination d’un vice-président.
Des actions concrètes déjà engagées
Pour contrer ces dérives, l’ANSSI a déjà initié :
plus de 2 500 publications de sensibilisation, touchant 600 000 abonnés,
des campagnes locales qui ont atteint plus de 10 000 personnes,
une coopération judiciaire avec 6 000 cas de cybercriminalité recensés, dont 50 % liés aux réseaux sociaux.
Lors de l’atelier, un expert universitaire est intervenu pour recommander des bonnes pratiques de veille, de vérification et de coordination afin de mieux anticiper les campagnes de manipulation numérique.
Vers une communication institutionnelle renforcée
Selon l’ANSSI :
« La désinformation constitue une menace pour la stabilité sociale et la confiance dans les institutions. Face à cette réalité, la Côte d’Ivoire doit bâtir un cadre cohérent et résilient de communication publique. »
Cet atelier a permis aux responsables communication de partager leurs expériences et de poser les bases d’une collaboration renforcée entre institutions.
Un enjeu de souveraineté numérique
À travers cette mobilisation, la Côte d’Ivoire affirme sa volonté de protéger son espace numérique, de garantir une information publique fiable et de sécuriser l’environnement digital des institutions.
En plaçant la lutte contre la désinformation au cœur de ses priorités, l’ANSSI contribue directement à la construction d’un climat de confiance numérique, essentiel pour la stabilité politique et l’attractivité économique du pays.