19 janvier 2026

Côte d’Ivoire : plus de 5 000 réfugiés ghanéens accueillis dans le Bounkani après des violences intercommunautaires

Fuyant un conflit foncier meurtrier dans le nord du Ghana, environ 5 000 réfugiés ghanéens, en majorité femmes et enfants, ont trouvé refuge dans le Bounkani. Les autorités ivoiriennes renforcent sécurité et solidarité humanitaire.

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Conflit meurtrier au Ghana, exode vers la Côte d’Ivoire

Depuis la fin août, un conflit foncier dans la Savannah Region du Ghana a provoqué de violents affrontements à Gbiniyiri, entraînant au moins six morts et une vingtaine de blessés. L’incendie du palais du chef local et la destruction de plusieurs maisons ont accentué la crise, contraignant des centaines de familles à fuir.

Une partie d’entre elles a franchi la frontière ivoirienne. Plus de 5 000 réfugiés ghanéens (certaines sources avancent 10 000 réfugies) sont désormais installés dans la région du Bounkani, notamment à Galso, Vonkoro et Massioutéon.


Une pression humanitaire croissante

La majorité des arrivants sont des femmes et des enfants. Les villages d’accueil doivent faire face à une pression importante sur les infrastructures locales : logements précaires, manque d’eau potable et besoins alimentaires urgents.

Les autorités ivoiriennes, conscientes du défi, ont renforcé la surveillance sécuritaire le long de la frontière pour prévenir toute infiltration d’éléments armés.


Solidarité ivoirienne et dons humanitaires

Le 31 août, une délégation mandatée par la ministre de l’Économie, du Plan et du Développement, Nialé Kaba, s’est rendue à Vonkoro pour exprimer la solidarité de la Côte d’Ivoire. Trois tonnes de riz, 100 nattes, 260 seaux et deux cartons d’huile ont été distribués aux déplacés.

« Votre générosité et votre sens de la fraternité font honneur à notre Nation. Ensemble, nous montrons que la solidarité reste le ciment de notre cohésion »,
a déclaré Nialé Kaba, saluant également l’hospitalité des communautés d’accueil.


Appels à la paix et vigilance régionale

Au Ghana, le ministre de l’Intérieur, Muntaka Mohammed-Moubark, a instauré un couvre-feu à Bole et ses environs, accompagné d’une interdiction de port d’armes et de circulation en groupe à moto, dans l’espoir de contenir les violences.

Côté ivoirien, la crise est suivie avec attention par les autorités qui redoutent une aggravation des violences foncières au Ghana. En attendant, la priorité reste l’accueil digne et sécurisé des réfugiés.