19 janvier 2026

IRAN : LE PRÉSIDENT MASSOUD PEZESHKIAN INTERDIT LES MESURES SÉCURITAIRES CONTRE LES MANIFESTANTS CONTRE LA CHERTÉ DE LA VIE

Face à une vague de manifestations liées à la cherté de la vie, le président iranien Massoud Pezeshkian a ordonné aux forces de l’ordre de ne recourir à aucune mesure sécuritaire contre les protestataires, tout en distinguant manifestants pacifiques et émeutiers.

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Une directive présidentielle en faveur de l’apaisement

Le président iranien Massoud Pezeshkian a ordonné, mercredi 7 janvier 2026, aux forces de l’ordre de ne recourir à aucune mesure sécuritaire contre les citoyens manifestant depuis plus d’une semaine pour dénoncer la cherté de la vie.

L’annonce a été faite par le vice-président exécutif, Mohammad Jafar Ghaempanah, à l’issue d’un Conseil des ministres.
« Aucune mesure sécuritaire ne doit être prise à l’encontre des manifestants participant aux rassemblements », a-t-il déclaré.

Manifestants pacifiques et émeutiers : une distinction affirmée

Tout en adoptant une ligne d’apaisement, les autorités iraniennes ont insisté sur la nécessité de distinguer manifestants pacifiques et émeutiers.

Selon le vice-président exécutif,

« Les personnes armées de couteaux, machettes ou armes à feu, qui s’attaquent à des commissariats ou à des sites militaires, doivent être considérées comme des émeutiers ».

Cette position vise à préserver le droit de manifester tout en maintenant l’ordre public.

Une colère sociale nourrie par l’hyperinflation

À l’origine du mouvement, une grave crise économique, marquée par :

  • une hyperinflation persistante,
  • la dépréciation continue du rial iranien,
  • une forte volatilité des prix des biens de consommation.

Selon plusieurs sources économiques, un euro s’échangerait désormais à près de 1,7 million de rials, accentuant la perte de pouvoir d’achat des ménages iraniens.

D’un rassemblement corporatiste à un mouvement national

Le mouvement de contestation a débuté le 28 décembre 2025 par une mobilisation de vendeurs de smartphones à Téhéran, rapidement rejoints par des étudiants de plusieurs universités de la capitale.

Les protestations se sont ensuite étendues à Ispahan, dans le centre du pays. Plusieurs commerçants ont également observé des fermetures temporaires de boutiques pendant au moins deux jours, en signe de protestation.

Réactions des autorités judiciaires et mesures temporaires

Dans un premier temps, le gouvernement avait ordonné la fermeture d’écoles et d’établissements publics, invoquant des raisons sécuritaires.
La justice iranienne a, de son côté, averti qu’elle traiterait sévèrement les actes de violence et de destruction de biens, tout en affirmant comprendre les revendications sociales lorsqu’elles s’expriment de manière pacifique.

Un contexte encore marqué par les précédentes contestations

Ces événements ravivent le souvenir du mouvement « Femme, vie, liberté », qui avait secoué l’Iran en octobre 2022, à la suite de la mort de Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans décédée après son arrestation par la police des mœurs.

Enjeux

La décision du président Pezeshkian marque une volonté de désescalade dans un contexte social tendu, où la pression économique continue de fragiliser la stabilité intérieure. Elle sera scrutée de près, tant par l’opinion publique iranienne que par la communauté internationale.

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