MALI : BAMAKO PRÊTE À DÉCLARER LES EXPATRIÉS PERSONA NON GRATA
Le gouvernement malien annonce que tout ressortissant d’un pays ayant demandé à ses citoyens de quitter le Mali sera considéré comme persona non grata, dans un contexte de crise sécuritaire et énergétique.
Une décision de souveraineté
Le gouvernement de transition du Mali a annoncé le 10 novembre 2025 que tout ressortissant d’un pays ayant officiellement demandé à ses citoyens de quitter le territoire malien sera considéré comme persona non grata dès son départ effectif. Cette mesure, présentée comme une réponse de souveraineté, vise à défendre la dignité de l’État malien face aux pressions internationales.
Contexte sécuritaire et appels au départ
Depuis fin octobre, plusieurs pays occidentaux — dont la France, l’Allemagne, l’Italie, le Canada et les États-Unis — ont recommandé à leurs ressortissants de quitter le Mali en raison de la dégradation sécuritaire. Le pays est confronté à un blocus pétrolier imposé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda. Les attaques contre les convois de carburant ont provoqué une crise énergétique sans précédent, entraînant pénuries, coupures d’électricité et tensions sociales.
Le « djihad économique »
Selon le Timbuktu Institute, le JNIM mène une stratégie visant à « asphyxier le pays par la pénurie ». Le carburant, vital pour les forces armées et la population civile, est devenu une arme stratégique. Les longues files d’attente devant les stations-service, la hausse des prix et les coupures d’électricité traduisent la gravité de la situation.
Diplomatie de réciprocité
Le ministre Abdoulaye Maïga a rappelé le principe de réciprocité diplomatique et la volonté de Bamako de préserver des relations internationales basées sur le respect mutuel. Cette posture s’inscrit dans une rupture avec les partenaires occidentaux traditionnels et un rapprochement avec de nouveaux alliés, notamment la Russie.
Entre isolement et affirmation nationale
La décision de Bamako traduit une volonté d’affirmer sa souveraineté, mais elle soulève des inquiétudes quant à l’isolement diplomatique et économique du pays. Si une partie de l’opinion nationale y voit une résistance face à l’ingérence étrangère, d’autres craignent que cette ligne dure aggrave les difficultés économiques et sociales.
