9 septembre 2026

MASA : 200 entrepreneurs culturels formés pour transformer leur créativité en entreprises viables

e Marché des Arts du Spectacle Africain d’Abidjan (MASA) clôture la première phase de son programme de professionnalisation avec la remise d’attestations à 200 artistes, opérateurs et entrepreneurs culturels ivoiriens. Au-delà de la formation, l’initiative ambitionne de structurer de véritables entreprises culturelles capables de développer des modèles économiques viables et d’accéder au financement.

des personnes en salle de formation

crédit MASSA-CI.org

Abidjan – Transformer une activité artistique en entreprise structurée, capable de générer des revenus, de créer des emplois et de convaincre des partenaires financiers : c’est l’un des principaux objectifs du programme de formation à l’entrepreneuriat culturel conduit par le Marché des Arts du Spectacle Africain d’Abidjan (MASA).

Ce jeudi 13 août 2026, à la Maison du MASA, 200 artistes, opérateurs et entrepreneurs culturels ivoiriens reçoivent leurs attestations après plusieurs mois de formation et d’accompagnement. Cette cérémonie marque l’achèvement de la première phase d’un dispositif qui ambitionne, à terme, de renforcer les compétences de 1 000 professionnels culturels ivoiriens chaque année.

De l’artiste à l’entrepreneur culturel

Le programme a été lancé le 18 août 2025 à l’Institut pédagogique national de l’enseignement technique et professionnel (IPNETP) de Cocody.

Mis en œuvre par le MASA avec le financement du Fonds de Développement de la Formation Professionnelle (FDFP), il repose sur une idée centrale : la maîtrise artistique ne suffit pas toujours à garantir la pérennité économique d’une activité culturelle.

Les bénéficiaires ont ainsi été formés dans plusieurs domaines directement liés à la gestion d’une entreprise : entrepreneuriat, gestion, formalisation, développement d’entreprise, innovation technique et numérique.

200 plans d’affaires à structurer

L’une des dimensions les plus intéressantes du programme réside dans l’accompagnement individuel.

Chaque bénéficiaire a pu travailler avec des coachs afin de concevoir et finaliser son plan d’affaires.

L’objectif affiché par le MASA est de permettre aux entrepreneurs culturels de disposer de projets suffisamment structurés et viables pour pouvoir rechercher des financements auprès de l’État, de bailleurs de fonds ou de partenaires techniques et financiers.

Cette approche rapproche ainsi davantage les métiers culturels des logiques classiques de création et de développement d’entreprise.

Professionnaliser l’économie culturelle

Le MASA ne se limite plus à son rôle de marché international des arts du spectacle.

Sa mission comprend également la formation, la professionnalisation et la mise en relation des acteurs culturels. L’institution présente d’ailleurs le MASA comme un espace combinant bourse de spectacles, rencontres professionnelles, programmes de formation et festival populaire.

Lors de sa 14ᵉ édition, organisée du 11 au 18 avril 2026, plus de 300 artistes et professionnels venus de 51 pays avaient participé à la manifestation. Des rencontres B2B et un Village de l’Innovation avaient notamment complété la programmation artistique.

Cette orientation confirme une évolution : la culture est progressivement abordée non seulement comme une activité artistique, mais également comme un secteur économique susceptible de produire de la valeur et des emplois.

Un objectif : 1 000 acteurs culturels par an

Les 200 bénéficiaires de cette première phase ne constituent donc qu’une première cohorte.

Le MASA annonce un déploiement progressif du programme dans plusieurs villes de l’intérieur de la Côte d’Ivoire, avec l’objectif de former et d’accompagner 1 000 professionnels culturels par an.

Cette décentralisation pourrait permettre à des entrepreneurs éloignés d’Abidjan d’accéder à des outils de structuration qui restent parfois difficiles à mobiliser dans les territoires.

Le financement, prochaine étape décisive

L’obtention d’une attestation constitue toutefois seulement une première étape.

Le véritable défi sera de savoir combien de bénéficiaires réussiront à transformer leur plan d’affaires en activité économiquement viable et combien pourront effectivement mobiliser des financements.

Les entreprises culturelles présentent en effet des spécificités qui peuvent rendre leur financement complexe : recettes irrégulières, importance des actifs immatériels, difficulté d’évaluation de certains projets et forte dépendance, dans certains domaines, à la programmation ou à la billetterie.

L’accompagnement post-formation sera donc déterminant.

Une logique également présente dans N’Zassa Créative

Le MASA développe parallèlement d’autres dispositifs destinés à renforcer l’économie culturelle.

Son programme PEM N’ZASSA / N’ZASSA Créative vise notamment à renforcer les capacités des PME culturelles ivoiriennes et à faciliter leur accès aux marchés internationaux grâce à des formations et des opportunités de mobilité.

Ces initiatives dessinent progressivement une stratégie plus large de professionnalisation des industries culturelles et créatives.