Journée Internationale de la Jeunesse : emploi, IA, réseaux sociaux et addictions au cœur du dialogue avec le Gouvernement
14 août 2026
crédit: gouv.ci
Abidjan – La jeunesse ivoirienne veut davantage participer à la définition des politiques publiques qui la concernent.
À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée le mercredi 12 août 2026 au Parc des Expositions d’Abidjan, les conclusions de la deuxième édition des consultations nationales de la jeunesse ont été officiellement présentées au Gouvernement.
Placée sous le thème « Différentes réalités, aspirations communes », la rencontre a été présidée par le Premier ministre Robert Beugré Mambé et organisée par le ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique.
Des consultations menées dans les 31 régions
Les restitutions présentées à Abidjan sont issues de consultations organisées en 2026 dans les 31 régions de Côte d’Ivoire.
L’objectif était de recueillir directement les préoccupations des jeunes et de leur permettre de formuler des propositions destinées à orienter l’action publique.
Trois priorités principales sont ressorties de cette démarche :
- la lutte contre les drogues et produits addictifs ;
- l’utilisation responsable des réseaux sociaux ;
- les enjeux liés à l’intelligence artificielle.
À ces sujets se sont ajoutés, lors des échanges avec le Gouvernement, les questions de formation, d’emploi, de cohésion sociale et de paix.
Neuf ministres face aux jeunes
L’un des temps forts de la cérémonie a été un dialogue direct entre neuf membres du Gouvernement et les jeunes.
Cette séquence a permis aux participants d’interroger directement les responsables publics sur plusieurs problématiques affectant la jeunesse ivoirienne.
Au-delà du caractère institutionnel de la célébration, ce format traduit une volonté d’installer un échange plus direct entre décideurs et jeunes citoyens.
Drogues et addictions : renforcer la prévention
La lutte contre les drogues et les produits addictifs figure parmi les priorités majeures identifiées lors des consultations.
Les jeunes ont notamment proposé de renforcer les actions de prévention en milieu scolaire.
Ce sujet est devenu particulièrement sensible en raison des conséquences des addictions sur la santé, la scolarité, l’insertion professionnelle et la sécurité des jeunes.
L’enjeu dépasse donc la seule répression. Il touche également à la sensibilisation, à l’éducation et à l’accompagnement social.
Réseaux sociaux : entre opportunités et responsabilité
L’usage des réseaux sociaux constitue le deuxième grand axe remonté des consultations.
Les jeunes ont appelé à une utilisation plus responsable des plateformes numériques et à un renforcement de l’éducation au numérique.
Le Premier ministre a lui-même insisté sur cette question, tandis que le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, a rappelé que les infractions commises en ligne peuvent faire l’objet de poursuites.
L’enjeu consiste donc à trouver un équilibre entre liberté d’expression, protection des utilisateurs, lutte contre la cybercriminalité et développement d’une véritable culture numérique.
L’intelligence artificielle entre dans les préoccupations de la jeunesse
Autre fait notable : l’intelligence artificielle apparaît désormais parmi les grandes préoccupations exprimées par les jeunes ivoiriens.
Cette présence dans les consultations nationales confirme que l’IA n’est plus seulement un sujet réservé aux experts ou aux entreprises technologiques.
Elle concerne directement :
- l’éducation ;
- l’emploi ;
- la formation ;
- la création de nouveaux métiers ;
- la productivité ;
- l’entrepreneuriat ;
- l’accès aux technologies.
Les jeunes ont notamment proposé de renforcer l’inclusion numérique et l’accès aux nouvelles technologies.
Formation et emploi restent au centre des attentes
Même si les trois priorités nationales identifiées concernent les addictions, les réseaux sociaux et l’IA, la question de l’emploi des jeunes demeure centrale.
Les échanges avec les membres du Gouvernement ont notamment porté sur la formation et l’insertion professionnelle.
Pour une population jeune, l’accès à une formation adaptée aux besoins des entreprises reste l’un des principaux défis économiques.
Le développement du numérique, des métiers techniques, de l’entrepreneuriat et des nouvelles technologies représente donc autant une opportunité qu’un impératif de formation.
86 % des préoccupations de 2025 « prises en compte »
Le président du Conseil national des jeunes de Côte d’Ivoire (CNJCI), Ibrahima Diabaté, a présenté un bilan des consultations précédentes.
Selon lui, 86 % des préoccupations exprimées lors de l’édition 2025 auraient été prises en compte.
Parmi les avancées citées figurent :
- la création d’un Fonds d’appui aux organisations de jeunesse ;
- l’institutionnalisation des consultations nationales ;
- la construction d’universités dans les districts ;
- la généralisation des stages d’immersion ;
- le renforcement de l’inclusion des personnes en situation de handicap ;
- le développement de l’entrepreneuriat.
Ce taux de 86 % est toutefois une donnée déclarée par le président du CNJCI et doit être présentée comme telle.
4,3 milliards FCFA pour les organisations de jeunesse
Le ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, a indiqué qu’un montant de 4,3 milliards FCFA avait été mobilisé pour soutenir les organisations de jeunesse.
Ce financement s’inscrit dans le cadre du Fonds d’appui aux organisations de jeunesse.
Le Premier ministre a insisté sur la nécessité d’une gestion transparente de ces ressources.
Des règles de transparence exigées pour le Fonds
Robert Beugré Mambé a demandé au ministre chargé de la Jeunesse de veiller à la publication des :
- appels à projets ;
- critères d’éligibilité ;
- règles de sélection,
avant toute attribution de financement.
Il a également appelé les jeunes à présenter des projets sérieux, utiles aux communautés et capables de produire des résultats vérifiables.
Cette exigence introduit une logique de redevabilité : obtenir un financement public doit être accompagné d’objectifs précis et de résultats mesurables.
Un programme gouvernemental visant 5,3 millions de jeunes
Mamadou Touré a également indiqué que le Programme Jeunesse du Gouvernement récemment adopté vise à toucher 5,3 millions de jeunes à l’horizon 2030.
Cette ambition montre l’ampleur des besoins en matière :
- d’insertion professionnelle ;
- de formation ;
- d’entrepreneuriat ;
- d’accès aux opportunités économiques ;
- de participation citoyenne.
Le principal défi sera désormais de traduire les annonces et dispositifs en résultats mesurables sur le terrain.
« Écouter, agir, rendre compte et vérifier »
Pour le Premier ministre, la méthode de travail du Gouvernement doit reposer sur quatre principes :
écouter, agir, rendre compte et vérifier.
Cette formule résume l’esprit que les autorités souhaitent donner aux consultations nationales.
La jeunesse ne devrait donc pas uniquement être consultée. Elle doit également pouvoir constater les suites données aux propositions formulées.
