9 septembre 2026

Côte d’Ivoire : le Guichet Investir au Féminin se précise pour mieux accompagner les entrepreneures

Le CEPICI et ses partenaires avancent sur le Guichet Investir au Féminin, destiné à faciliter financement et accompagnement des entrepreneures ivoiriennes.

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ABIDJAN – Faciliter l’accès au financement, mieux structurer les entreprises portées par des femmes et rapprocher les entrepreneures des investisseurs et des réseaux d’affaires. La Côte d’Ivoire avance dans la mise en place du Guichet Investir au Féminin (GUIF), un dispositif destiné à renforcer la place des femmes dans l’investissement et la création de valeur.

Une nouvelle étape a été franchie jeudi 27 août 2026 à Abidjan, lors d’un atelier organisé à la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) par le Women Investment Club Côte d’Ivoire (WIC CI).

La rencontre a réuni des représentants du secteur public, du monde financier, des organisations professionnelles et des structures d’accompagnement afin d’examiner plusieurs études préparatoires à la mise en œuvre du futur guichet.

Un guichet pensé autour des difficultés rencontrées par les entrepreneures

Pour les initiateurs du projet, la problématique ne se limite pas à la création d’entreprises par les femmes.

L’enjeu réside également dans leur capacité à structurer ces activités, accéder aux financements, développer leur réseau professionnel et assurer la croissance de leur entreprise sur le long terme.

Ces difficultés ont notamment été relevées par Carole Versteeg, directrice générale adjointe du Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI), qui représentait la directrice générale de l’institution, Solange Amichia, lors de l’atelier.

Selon le CEPICI, le GUIF doit permettre d’améliorer l’accès des entrepreneures au financement, aux services d’accompagnement et aux opportunités d’affaires.

L’objectif est donc de construire un dispositif capable d’accompagner différents profils, depuis les femmes ayant besoin de mieux structurer leur activité jusqu’aux entrepreneures disposant déjà d’entreprises à potentiel de croissance.

Des expériences ivoiriennes et internationales étudiées

Avant de définir le fonctionnement du guichet, plusieurs mois de travaux ont été consacrés à l’étude de mécanismes déjà existants en Côte d’Ivoire et à l’étranger.

Ces benchmarks ont porté sur l’appui à l’investissement, l’accompagnement des entreprises, le financement de l’entrepreneuriat féminin ainsi que sur le cadre juridique et réglementaire susceptible d’encadrer le futur dispositif.

Des consultations ont parallèlement été menées avec des institutions publiques, établissements financiers, organisations professionnelles et structures spécialisées dans l’accompagnement entrepreneurial.

Le benchmark institutionnel et international a été réalisé par Gaïa Intelligence Africa, tandis que le volet juridique a été confié au cabinet Coumbassa & Sanden Conseil.

L’atelier du 27 août a ainsi permis aux différentes parties prenantes de confronter les résultats de ces études et de proposer des ajustements avant le passage à la phase opérationnelle.

Financement, structuration et accès aux réseaux

Le futur Guichet Investir au Féminin ne devrait pas se limiter à orienter les entrepreneures vers des sources de financement.

Le CEPICI avait déjà présenté plusieurs services envisagés dans le cadre du dispositif : orientation personnalisée des porteuses de projets, aide à la formalisation et à la structuration des entreprises, accès à des programmes d’incubation, préparation des dossiers de financement et mise en relation avec des partenaires techniques, financiers et des réseaux d’affaires.

Cette approche répond à une réalité : disposer d’un projet ou d’une activité rentable ne suffit pas toujours pour accéder à un financement.

La qualité du dossier, la gouvernance de l’entreprise, sa formalisation, sa capacité à présenter des données financières fiables ou encore l’accès au bon interlocuteur peuvent fortement peser dans la décision d’un investisseur ou d’une institution financière.

Le GUIF entend précisément intervenir sur plusieurs de ces obstacles.

Une phase pilote ambitieuse

Le projet pourrait prendre une dimension importante dès sa phase pilote.

Selon des informations communiquées précédemment par le CEPICI, le dispositif prévoit notamment un programme d’incubation de masse destiné à 1 000 femmes entrepreneures.

Parallèlement, 50 entrepreneures à fort potentiel pourraient bénéficier d’un accompagnement renforcé afin de favoriser l’émergence de championnes dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’agro-industrie, les mines, la logistique, la construction et le numérique.

Ces entreprises pourraient ainsi bénéficier d’un soutien allant au-delà du financement, avec des enjeux de gouvernance, d’accès aux marchés et de développement de nouvelles opportunités en Côte d’Ivoire comme à l’international.

L’enjeu sera désormais de passer du dispositif aux résultats

Les recommandations issues de l’atelier doivent maintenant alimenter les prochaines étapes de l’opérationnalisation du GUIF.

À ce stade, le guichet doit donc être considéré comme un dispositif en cours de structuration, et non comme un programme de financement déjà pleinement accessible au public.

Sa réussite dépendra notamment de la simplicité des procédures proposées aux entrepreneures, des conditions réelles d’accès aux financements et de la capacité du dispositif à réunir autour d’un même parcours les différents acteurs publics, privés et financiers.

Car derrière la création d’un nouveau guichet se trouve une question plus concrète : combien de femmes pourront effectivement transformer une activité encore fragile en entreprise structurée, accéder à des capitaux et développer leur marché ?

La Côte d’Ivoire attend avec impatience les résultats du Guichet Investir au Féminin et les effets de son impact sur son économie.