FACE AUX PRESSIONS AMÉRICAINES, LA SUISSE RENFORCE SES LIENS ÉCONOMIQUES AVEC LA CHINE
Confrontée à des droits de douane américains élevés, la Suisse accélère sa coopération stratégique avec la Chine. Une alliance pragmatique qui pourrait redéfinir les équilibres économiques en Europe.
Une neutralité mise à l’épreuve par les États-Unis
Traditionnellement neutre, la Suisse n’a pas échappé aux répercussions du protectionnisme américain. Depuis le 7 août, Washington impose des droits de douane allant jusqu’à 39 % sur les produits suisses, bien au-delà de ceux appliqués aux pays de l’Union européenne.
Cette mesure, présentée comme un rééquilibrage commercial, reflète en réalité l’inquiétude des États-Unis face à la compétitivité de l’industrie européenne, notamment dans les secteurs suisses de l’horlogerie, de la pharmacie et de la mécanique de précision.
Un rapprochement stratégique avec Pékin
Pour faire face à cette pression, la Suisse se tourne vers la Chine. Le 10 octobre, un dialogue stratégique s’est tenu à Bellinzone entre Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, et son homologue suisse Ignazio Cassis.
Les deux pays ont convenu d’accélérer la mise à jour de leur accord de libre-échange signé en 2013 — le premier entre la Chine et un pays européen — et d’élargir leur coopération dans des domaines clés : intelligence artificielle, économie numérique, développement durable et services financiers.
« La Chine n’est pas seulement un vaste marché, mais un partenaire technologique et financier essentiel pour la Suisse. »
Une dynamique commerciale en pleine expansion
La demande chinoise pour les produits suisses haut de gamme ne cesse de croître. En 2024, les exportations vers la Chine devraient augmenter de 11 %, faisant de Pékin le troisième partenaire commercial de la Confédération.
Les grandes institutions financières suisses comme UBS et Credit Suisse renforcent également leur présence à Shanghai et Shenzhen, profitant de l’ouverture du marché chinois.
Un signal fort pour l’Europe
Ce rapprochement sino-suisse pourrait servir de modèle pour d’autres pays européens confrontés aux mêmes défis. En tant que pays hors UE, la Suisse joue un rôle de « test » dans la redéfinition des partenariats économiques.
« Même au sein des alliés occidentaux, une réévaluation de l’ordre économique centré sur les États-Unis est en cours. »
