9 septembre 2026

Droits de l’enfant : la Côte d’Ivoire prépare un cadre national pour mieux intégrer leur voix dans les décisions publiques

La Côte d’Ivoire veut mieux encadrer la participation des enfants aux décisions qui les concernent. Réunis du 10 au 14 août 2026 à Grand-Bassam, acteurs publics, organisations de la société civile, experts, enfants et jeunes travaillent à la finalisation d’un Protocole Opérationnel de Participation des Enfants et à l’élaboration d’un projet d’arrêté ministériel destiné à accompagner sa mise en œuvre.

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Grand-Bassam – Comment permettre aux enfants de participer réellement aux décisions qui touchent leur vie, tout en garantissant leur protection et en évitant que cette consultation ne soit simplement symbolique ?

La Côte d’Ivoire travaille à la mise en place d’un cadre national destiné à répondre à cette problématique.

Du 10 au 14 août 2026 à Grand-Bassam, le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, à travers la Direction de la Protection de l’Enfant (DPE), organise un atelier consacré à la finalisation du Protocole Opérationnel de Participation des Enfants.

La rencontre doit également permettre de rédiger un projet d’arrêté ministériel destiné à encadrer l’adoption et la mise en œuvre du dispositif.

L’initiative est conduite en partenariat avec Save the Children Côte d’Ivoire et l’Association des Enfants et Jeunes Travailleurs de Côte d’Ivoire (AEJT-CI).

Faire de la participation des enfants un mécanisme institutionnel

L’ambition affichée dépasse l’organisation ponctuelle d’espaces de dialogue avec les enfants.

Il s’agit de disposer d’un cadre national de référence définissant la manière dont leur participation peut être organisée lorsqu’une décision, une politique ou une action les concerne.

Le protocole doit notamment permettre de garantir une participation qualifiée de significative, effective, éthique et sécurisée.

Cette notion est importante.

Faire participer un enfant ne consiste pas uniquement à lui donner la parole. Encore faut-il que les conditions dans lesquelles cette parole est recueillie soient adaptées à son âge, respectent sa dignité et assurent sa protection.

Des enfants associés aux travaux

L’un des éléments significatifs de l’atelier de Grand-Bassam réside dans sa composition.

Les travaux réunissent des membres du Comité Interministériel de Protection de l’Enfant (CIMPE), des experts de la Direction de la Protection de l’Enfant et de la Direction des Affaires Juridiques, des représentants du secteur public et des organisations de la société civile.

Mais des enfants et des jeunes engagés dans la promotion de leurs droits participent également aux travaux.

Cette présence traduit dans les faits le principe même que le protocole entend institutionnaliser : ne pas élaborer les mécanismes de participation des enfants sans leur donner une place dans le processus.

Un arrêté ministériel pour préciser les responsabilités

La rencontre doit déboucher sur deux principaux résultats.

Le premier est la consolidation et la validation du Protocole Opérationnel de Participation des Enfants.

Le second concerne la rédaction d’un projet d’arrêté ministériel destiné à encadrer son application.

Ce texte doit notamment préciser :

  • les responsabilités des différents acteurs ;
  • les mécanismes de coordination ;
  • le dispositif de suivi-évaluation ;
  • les mécanismes de redevabilité nécessaires à l’application du protocole.

L’objectif est donc de traduire un principe général de participation en règles et mécanismes susceptibles d’être appliqués par les institutions et organisations concernées.

« Un levier essentiel » pour la gouvernance des droits de l’enfant

À l’ouverture de l’atelier, Gonty Michel, représentant du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, a salué la mobilisation des partenaires impliqués dans le processus.

Il a surtout mis l’accent sur la portée institutionnelle du projet.

Selon lui, une participation véritable des enfants constitue un levier essentiel de renforcement de la gouvernance des droits de l’enfant en Côte d’Ivoire.

Cette approche replace la question au-delà de la seule protection sociale.

La participation devient également une question de gouvernance : comment concevoir des politiques publiques destinées aux enfants en tenant compte de leurs expériences et de leurs besoins ?